2014-12-16

Mme L.

L'autre jour, je roulais en voiture dans une zone commerciale et sur le trottoir opposé, j'ai croisé un fantôme de mon passé. Pas le genre de fantôme du conte de Noël en téléfilm américain qui revisite Dickens, pas du tout. Juste de vieux souvenirs d'une époque qu'avec le recul je considère comme un pic de stimulation intellectuelle.

Il y a de cela 13 ans, Mme L. était professeur à l'Université d'Avignon, département Littérature anglophone (il est plus que probable que l'intitulé exact du département soit différent, mais bon...)

2014-12-03

Comme un lundi

Lundi, 9h du matin. Je gare ma voiture sur l'une des nombreuses places libres du parking du supermarché Casino du centre commercial Cap Sud à Avignon. Voilà l'un des principaux avantages du métier de musicien. Le lundi matin. Quand la plupart des gens bougonnent devant la machine à café du bureau, j'ai tout loisir de choisir mes capsules de Senseo. En revanche, lorsqu'ils se pressent dans le rayon Vins et spiritueux le samedi à 17h pour peaufiner la préparation de leur soirée, je charge ma sono dans la voiture...

Mais revenons à lundi...

2014-11-16

Figuration intermittente

Hier, je suis allé postuler pour faire de la figuration dans un téléfilm. J'avais reçu un email de mon agence Pôle Emploi m'avertissant du prochain tournage dans la région de "Meurtres au Ventoux" (avec Ingrid Chauvin, qui joue dans un téléfilm sur deux tourné dans le coin, l'autre bénéficiant du talent immense et injustement sous-estimé de Corinne Touzet), et de l'embauche d'une centaine de figurants pour jouer des agriculteurs. Comme je porte la barbe ces temps-ci, je me suis dit que c'était le rôle de ma vie.

Un casting figuration, comme ça, on a l'impression qu'il s'agit d'une vraie audition, avec entretien, passage caméra, stress... mais non, tout ce qu'on a à faire, c'est remplir une fiche de renseignements (taille, poids, couleur des yeux, disponibilités...) et se faire prendre en photo de face et en pied. C'est peu finalement, mais bien assez pour jouer le rôle d'une épaule vue de dos...

2014-11-03

Fan

En ce moment, je lis « La ballade de l'impossible » d'Haruki Murakami. Je l'avais acheté il y a quelques mois et, avec beaucoup d'autres livres, il dormait tranquillement sur ma table de nuit en attendant le moment où je l'ouvrirai. Voir ma table de nuit crouler sous les livres m'apaise, comme une garantie de beaucoup de plaisirs à venir.

Je viens juste de commencer « La ballade... » mais déjà, pages 50 et 51 (chez 10-18), je découvre : « Je lisais et relisais mes livres, et, fermant les yeux de temps en temps, j'aspirais profondément leur odeur. D'ailleurs, le seul fait de respirer l'odeur d'un livre et d'en feuilleter les pages me rendait heureux. »

Et moi, d'un seul coup, je touche le Graal, je me sens comme une groupie de Justin Bieber qui vient de découvrir qu'il utilise le même shampoing qu'elle !

Haruki Murakami !

2014-10-19

La sieste

J'ai confronté mon point de vue avec celui d'autres parents de (très) jeunes enfants et une unanimité semble se dégager. Nous sommes nombreux à avoir vécu cette expérience.

Je suis de nouveau père depuis une dizaine de jours et quand ma toute petite fille s'endort dans mes bras, je suis pris d'une implacable somnolence à mon tour. Pour peu que je sois assis dans un fauteuil qui s'y prête, je sombre dans le sommeil. Et là commence à coup sûr la meilleure sieste du monde. Une partie de moi garde en mémoire que j'ai un bébé dans les bras et je ne bouge pas d'un centimètre dans mon sommeil. Pourtant, j'ai l'impression de totalement lâcher prise. Peu importent les soucis dans ma vie, ils disparaissent. Je m'endors peu longtemps, mais profondément, dans le calme absolu. Pas de rêve, pas de pollution extérieure. Je m'enfonce loin sous la ligne de flottaison de ma conscience. Quelques bulles de réalité éclatent pourtant à mon contact lorsqu'elles remontent à la surface, mais ce n'est pas dérangeant. Cela ne fait qu'affermir ma béatitude. Puis j'émerge doucement et je m'éveille en paix. Si la mort ressemble à ce vide bienfaisant, à ce néant détendu, alors ça ira, je n'ai plus peur...

2014-10-05

Toutes nos autres envies que la mienne

Il y a deux semaines, j'avais parlé un peu de La classe de neige d'Emmanuel Carrère ici et j'avais eu la joie incommensurable de recevoir un commentaire sur cet article. Mon premier commentaire non spam depuis 2012 ! Laurence m'y conseillait un autre livre d'Emmanuel Carrère : D'autres vies que la mienne.

Je suis tombé par hasard sur ce livre dans la bibliothèque de ma belle-mère, je le lui ai aussitôt emprunté. Et lu. Et fini hier dans la nuit. Et curieusement, les caractères des dernières pages étaient un peu flous. Surpris, je me suis rapidement contrôlé, personne ne m'a vu. J'ai heureusement évité à ma virilité l'humiliation d'être prise en défaut devant un banal livre mais j'avoue que ça faisait un bail que je n'avais pas pleuré en lisant.



2014-09-30

Tatouage

Elle a à peine 1h30 de vie. Elle est un peu marquée par l'épreuve qu'elle vient de subir, son visage est fatigué, encore un peu fripé. Sa mère vient de s'endormir après lui avoir donné sa première tétée. Je la contemple depuis 10 bonnes minutes sans parvenir à cesser un instant de sourire. Je pleure par intermittences. C'est bon. Je ne résiste pas plus longtemps, je me penche et la prends dans mes bras. Je m'assois dans le fauteuil à côté du lit. Elle dort contre moi, la tête sur ma poitrine, tournée vers mon bras droit. Soudain elle ouvre les yeux, plisse les paupières, ébauche un sourire, qui s'élargit, s'élargit, elle rit presque. Elle vient de voir mon tatouage. Une magnifique tête de lapin psychédélique aux pupilles dilatées, aux pommettes bien rouges, avec sur chaque oreille deux cerises en guise de boucle. Et oui, tu as une grande sœur, elle a 3 ans et demi et elle vient de découvrir les tatouages en décalcomanie. Celui-là date d'avant-hier déjà, et finalement il ne s'enlève pas si facilement, il vient de résister à 5 douches. Elle se rendort paisiblement.
Alors c'est vrai, cette scène n'est pas encore arrivée, la petite sœur non plus, mais si ce tatouage continue de s'accrocher à mon bras comme il le fait depuis trois jours...


2014-09-18

La classe de neige

C'est la fameuse "rentrée littéraire" et j'ai lu pas mal d'avis très partagés sur Le Royaume d'Emmanuel Carrère. Pour résumer, ça va de "Pourquoi il n'est pas sélectionné pour le Goncourt ?" à "C'est chiant". Et des avis aussi tranchés, c'est intrigant, j'ai bien envie de lire ce livre. Mais, puisqu'il vient de sortir, et pas en poche, il faut compter une grosse vingtaine d'euros. Je vais donc noter le titre dans un coin de ma tête et patienter jusqu'à sa sortie en poche, ou aller à la bibliothèque...


Alors quand j'ai aperçu la semaine dernière chez un bouquiniste La classe de neige du même auteur en Folio à 2,50 euros, j'ai sauté sur l'occasion de découvrir Emmanuel Carrère à coût modique !



 Et je n'ai pas été déçu.

2014-09-17

Manuel Valls et la course à pied

Ce matin j'ai couru. Oui, encore... Mais cette fois-ci, pas de fatigue particulière, pas d'anesthésie musicale non plus, puisque j'écoutais l'interview de Manuel Valls sur France Inter.

En revanche, petit souci, je suis toujours chez SFR et je ne capte pas énormément. Je n'ai donc profité du Premier Ministre que par intermittences et je ne peux pas juger du fond de son discours, mais les coupures ont fait ressortir quelques aspects dérangeants sur la forme.

Extraits : "On doit être exemplaires (...) partenariat avec l'Allemagne (...) le sens des responsabilités (...) les français les plus faibles (...) notre modèle social doit être réformé mais il est aussi issu d'une longue histoire (...) la volonté qui est la mienne"

Les (...) correspondent aux pertes de signal de mon téléphone.