Il y a des matins où le ciel est trop bleu, le soleil trop
brillant. Il y a des matins où l'air est trop limpide, trop pur. Des
matins où l'avenir semble trop prometteur, trop radieux. Des matins
où l'on a une boule d'angoisse au fond du ventre, un trop-plein de
pression, sans raison, sans motif.
2015-03-28
2015-02-24
6 mots, MOOC et Ça dépend des jours
J'ai été un peu absent ces derniers
temps... Mais je n'ai pas vraiment d'excuses, beaucoup de travail,
certes, mais bon... Et puis depuis un mois, je collabore à un
webzine, Ça dépend des jours, et du coup, j'y ai déplacé certaines choses qui
auraient pu trouver leur place ici. Mais encore une fois, bon...
Sinon, j'ai commencé un bilan de
compétences aussi, histoire de voir ce que je pourrais faire de ma
vie en dehors de la musique. Et entre les découvertes du premier
entretien et les clics conséquents, voilà deux
trucs géniaux que j'ai envie de partager !
2015-01-26
Des œufs, des paniers
La semaine dernière, je suis parti au
ski en famille, mais comme un grand, avec ma famille à moi
: avec ma femme, on a chargé la voiture, installé le porte-skis sur
le toit, embarqué les enfants à l'arrière et en route !
Souvent c'est
lorsqu'on vit des situations d'"adultes" pour la première
fois que l'on se rapproche d'un coup de nos parents, comme si la
similarité entre ce que nous vivons aujourd'hui avec nos propres
enfants et ce qu'ils ont vécu il y a longtemps avec nous créait un
lien, une tacite solidarité. Les vieux conflits d'enfance se règlent
ainsi parfois une fois adultes, éclairés que nous sommes par notre
propre expérience de parents.
Mais dans le cas
présent, pas du tout !
2015-01-04
The Butterfly Ball
Pour Noël, la marraine de ma fille lui
a offert une frise murale à colorier. Le principe est limpide : on
accroche la frise au mur, l'enfant met du feutre dessus, il est
content et fier, et quand on déménage, on repeint le mur (oui, même
excessivement doué, un gamin de presque 4 ans a tendance à
dépasser parfois.) Le motif de la fresque en question est titré
Butterfly Ball et emprunte beaucoup dans l'esprit au dessin animé
qui accompagnait la chanson Love Is All.
2014-12-16
Mme L.
L'autre jour, je roulais en voiture
dans une zone commerciale et sur le trottoir opposé, j'ai croisé un
fantôme de mon passé. Pas le genre de fantôme du conte de Noël en
téléfilm américain qui revisite Dickens, pas du tout.
Juste de vieux souvenirs d'une époque qu'avec le recul je considère
comme un pic de stimulation intellectuelle.
Il y a de cela 13 ans, Mme L. était
professeur à l'Université d'Avignon, département Littérature
anglophone (il est plus que probable que l'intitulé exact du
département soit différent, mais bon...)
2014-12-03
Comme un lundi
Lundi,
9h du matin. Je gare ma voiture sur l'une des nombreuses places
libres du parking du supermarché Casino du centre commercial Cap Sud
à Avignon. Voilà l'un des principaux avantages du métier de
musicien. Le lundi matin. Quand la plupart des gens bougonnent devant
la machine à café du bureau, j'ai tout loisir de choisir mes
capsules de Senseo. En revanche, lorsqu'ils se pressent dans le rayon
Vins et spiritueux le samedi à 17h pour peaufiner la préparation de
leur soirée, je charge ma sono dans la voiture...
Mais
revenons à lundi...
2014-11-16
Figuration intermittente
Hier, je suis allé postuler pour faire
de la figuration dans un téléfilm. J'avais reçu un email de mon
agence Pôle Emploi m'avertissant du prochain tournage dans la région
de "Meurtres au Ventoux" (avec Ingrid Chauvin, qui joue dans un
téléfilm sur deux tourné dans le coin, l'autre bénéficiant du
talent immense et injustement sous-estimé de Corinne Touzet), et de
l'embauche d'une centaine de figurants pour jouer des agriculteurs.
Comme je porte la barbe ces temps-ci, je me suis dit que c'était le
rôle de ma vie.
Un casting figuration, comme ça, on a
l'impression qu'il s'agit d'une vraie audition, avec entretien,
passage caméra, stress... mais non, tout ce qu'on a à faire, c'est
remplir une fiche de renseignements (taille, poids, couleur des yeux,
disponibilités...) et se faire prendre en photo de face et en pied.
C'est peu finalement, mais bien assez pour jouer le rôle d'une
épaule vue de dos...
2014-11-03
Fan
En ce moment, je lis « La ballade
de l'impossible » d'Haruki Murakami. Je l'avais acheté il y a
quelques mois et, avec beaucoup d'autres livres, il dormait
tranquillement sur ma table de nuit en attendant le moment où je
l'ouvrirai. Voir ma table de nuit crouler sous les livres m'apaise,
comme une garantie de beaucoup de plaisirs à venir.
Je viens juste de commencer « La ballade... » mais déjà, pages 50 et 51 (chez 10-18), je découvre : « Je lisais et relisais mes livres, et, fermant les yeux de temps en temps, j'aspirais profondément leur odeur. D'ailleurs, le seul fait de respirer l'odeur d'un livre et d'en feuilleter les pages me rendait heureux. »
Et moi, d'un seul coup, je touche le Graal, je me sens comme une groupie de Justin Bieber qui vient de découvrir qu'il utilise le même shampoing qu'elle !
Je viens juste de commencer « La ballade... » mais déjà, pages 50 et 51 (chez 10-18), je découvre : « Je lisais et relisais mes livres, et, fermant les yeux de temps en temps, j'aspirais profondément leur odeur. D'ailleurs, le seul fait de respirer l'odeur d'un livre et d'en feuilleter les pages me rendait heureux. »
Et moi, d'un seul coup, je touche le Graal, je me sens comme une groupie de Justin Bieber qui vient de découvrir qu'il utilise le même shampoing qu'elle !
Haruki Murakami !
2014-10-19
La sieste
J'ai confronté mon point de vue avec
celui d'autres parents de (très) jeunes enfants et une unanimité
semble se dégager. Nous sommes nombreux à avoir vécu cette
expérience.
Je suis de nouveau père depuis une
dizaine de jours et quand ma toute petite fille s'endort dans mes
bras, je suis pris d'une implacable somnolence à mon tour. Pour peu
que je sois assis dans un fauteuil qui s'y prête, je sombre dans le
sommeil. Et là commence à coup sûr la meilleure sieste du monde.
Une partie de moi garde en mémoire que j'ai un bébé dans les bras
et je ne bouge pas d'un centimètre dans mon sommeil. Pourtant, j'ai
l'impression de totalement lâcher prise. Peu importent les soucis
dans ma vie, ils disparaissent. Je m'endors peu longtemps, mais
profondément, dans le calme absolu. Pas de rêve, pas de pollution
extérieure. Je m'enfonce loin sous la ligne de flottaison de ma
conscience. Quelques bulles de réalité éclatent pourtant à mon
contact lorsqu'elles remontent à la surface, mais ce n'est pas
dérangeant. Cela ne fait qu'affermir ma béatitude. Puis j'émerge
doucement et je m'éveille en paix. Si la mort ressemble à ce vide
bienfaisant, à ce néant détendu, alors ça ira, je n'ai plus
peur...
2014-10-05
Toutes nos autres envies que la mienne
Il y a deux semaines, j'avais parlé un
peu de La classe de neige d'Emmanuel Carrère ici
et j'avais eu la joie incommensurable de recevoir un commentaire sur
cet article. Mon premier commentaire non spam depuis 2012 ! Laurence
m'y conseillait un autre livre d'Emmanuel Carrère : D'autres vies
que la mienne.
Je suis tombé par hasard sur ce livre
dans la bibliothèque de ma belle-mère, je le lui ai aussitôt
emprunté. Et lu. Et fini hier dans la nuit. Et curieusement, les
caractères des dernières pages étaient un peu flous. Surpris, je
me suis rapidement contrôlé, personne ne m'a vu. J'ai heureusement
évité à ma virilité l'humiliation d'être prise en défaut devant
un banal livre mais j'avoue que ça faisait un bail que je n'avais
pas pleuré en lisant.
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